BMW M1 rally

BMW M1 version rallye : un essai peu concluant.

Il est des voitures qui, à la naissance, semblent avoir tout pour devenir une belle réussite commerciale et sportive. C’était le cas pour la BMW M1. Une motorisation de haut niveau et un look d’enfer lui promettaient tous les succès. Les aléas de la vie en ont décidé autrement et de promise à un bel avenir elle termina vilain petit canard chez BMW. Il faut quand même reconnaître que ses performances sur circuits ne furent pas si mauvaises et elle finit par se construire un CV plutôt flatteur même si décevant au regard des espoirs placés en elle. Par contre, sa vie en rallye ne fut qu’une longue suite de désillusions agrémentée, ça et là, de quelques lueurs d’espoir bien vite éteintes comme on va le voir.

Le projet M1

C’est sous l’impulsion de Jochen Neerspach que la M1 voit le jour. Malheureusement, l’aventure va rapidement tourner au cauchemar tant les problèmes liés à la production vont se cumuler. Le parcours à faire pour arriver au produit fini ne pouvait que causer des tracas tant il était compliqué. Entre l’ensemble carrosserie/châssis fabriqué en Italie, l’assemblage avec le moteur fait chez Baur et un dernier contrôle à Munich, ce ne fut pas une surprise que cela devienne un vrai chemin de croix pour la M1.

Un peu plus de 450 exemplaires furent produits avant de jeter l’éponge. Heureusement pour la marque, Neerpach eut la lumineuse idée de créer le championnat Procar qui permettait de voir, avant chaque GP F1, un bataillon de M1 lutter au coude à coude et faire le spectacle devant des spectateurs enthousiastes. Cela ne sauva pas pour autant la tête du directeur de Motorsport et, par la même, de la M1.

Elle poursuivit alors sa carrière en Groupe 4 dans le championnat du monde des constructeurs avec, au final, quelques belles performances, mais toujours sur circuits.

Et pourquoi pas une version pour le rallye ?

C’est là qu’intervient BMW France qui demande, afin de promouvoir la marque sur le territoire, à Hugues de Chaunac, team manager de l’écurie Oreca, de préparer une M1 en vue de participer au championnat de France des rallyes. Proche des Procar, elle subit quelques modifications comme des élargisseurs d’ailes faisant prendre quelques centimètres en largeur à la voiture ou, un aileron arrière surdimensionné. C’est fin 81 que Darniche pilote pour la première fois l’auto à l’occasion du rallye du Var.

M1 gargage du bac

Cette première tourne court et il doit abandonner sur des problèmes de suspensions.

1982 sera de la même veine. A chaque fois ou presque, la M1 doit se retirer sur des soucis mécaniques. Darniche obtient son meilleur résultat en Allemagne où il termine 9ème du Rallye Vorderpfalz.

M1 Motul

Il faut dire, à sa décharge, que les petites routes du Tour de Corse ou du rallye du Mont-Blanc ne sont, en aucun cas, des terrains de jeux adaptés à la « grosse » M1 qui a vite fait d’occuper toute la chaussée voir, un peu plus.
A la fin de la saison, Darniche jette l’éponge et renonce à poursuivre l’aventure.
C’est Bernard Béguin qui prend sa place et qui va avoir la lourde responsabilité de montrer la M1 sous un meilleur profil.
Au Lyon-Charbonnières qui ouvre la saison, l’espoir renaît puisque c’est une belle 2ème place qui vient récompenser l’équipage Béguin/Lenne.

BMW M1

La suite est malheureusement moins brillante puisqu’il doit abandonner au Tour de Corse et au Critérium Alpin.

Mi septembre, se déroule l’épreuve phare du championnat, le Tour de France Automobile. Tous les grands pilotes français sont là. Darniche, Andruet, Fréquelin, Saby, Ragnotti, Chatriot ou Auriol savent que le favori se nomme Beguin et sa M1. En effet, le tracé des spéciales semble bien adapté à sa voiture. Sa puissance doit faire la différence. C’est d’ailleurs le cas dès le début où elle domine l’épreuve et se retrouve à l’issue de la 2ème étape en tête avec plus de 1’40’’ d’avance sur Ragnotti et près de 2’ sur Fréquelin.

M1 MOTUL 2

Personne, dans les poursuivants, n’imagine pouvoir rattraper le leader à la régulière. Et c’est là que se passe l’inimaginable. Alors que la BMW continue à dominer, Jean-Jacques Lenne le copilote de Bernard Béguin se trompe dans ses calculs et pointe hors délais entre deux spéciales. L’équipage est mis hors course. Cruelle désillusion pour l’équipage qui avait la course bien en main. Au final, c’est Fréquelin et son incassable Opel Manta 400 qui l’emporte devant Chatriot et sa R5 Turbo à plus de 5 minutes.

M1 Motul arriere

Au rallye d’Antibes, dernière épreuve de la saison, la M1 doit à nouveau abandonner sur un problème de transmission.1984 ne sera guère mieux. Sur les sept courses du championnat de France, Beguin en termine deux. 3ème au Lyon Charbonnières et 2ème au rallye d’Antibes. Sa prestation au Tour de France Automobile sera moins brillante que l’année précédente puisqu’il doit abandonner sur un problème mécanique. Il est temps pour Oreca de passer à autre chose et à Béguin de changer de monture.

En 1984, la M1 sera aussi alignée sur des rallyes classés D2 où elle obtiendra, quand même, quelques bons résultats comme au rallye de Lorraine ou à celui de La Baule où elle gagnera devant une opposition beaucoup plus modeste qu’au championnat de France. Ce sera là, ses deux seules victoires.

M1 et lancia Beta Montecarlo

D’autres pilotes se sont risqués en rallye sur une M1 avec, sans surprise, des résultats peu concluants.

Cependant il faut noter la belle 2ème place de Fritzinger au rallye Vorderpfalz 1982.

M1 bleu rally

Mais pour Giovanni Rossi au Critérium des Cévennes 86, la BMW sera fidèle à sa réputation avec un abandon.    

M1 procar rally           

C’est donc sur un bilan plus que mitigé que l’histoire de la M1 en rallye s’arrête. Trop lourde, trop large, manquant de fiabilité, il faut admettre qu’elle n’était pas faite pour la discipline.

L’histoire de cette voiture a longtemps hanté les couloirs du siège de la marque allemande. Celle qui aurait pu être une bête de course a cumulé dès sa naissance trop de problèmes qui, additionnés à un changement de réglementation, n’ont fait que précipiter sa chute. A ce jour, la firme bavaroise n’a jamais relancé de projet digne d’apparaître comme une suite à l’aventure M1.

On retrouve régulièrement, sur les routes du Tour Auto quelques M1. Et c’est toujours un grand plaisir de les voir passer sur ces petites routes de campagne si peu adaptées à leur gabarit.

M1 procar

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