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📬 Courrier des lecteurs – Les Femmes dans l’Automobile #6 – Les inventions


📬 Courrier des lecteurs – Les Femmes dans l’Automobile #6 – Les inventions


Qui suis-je?

Nous les utilisons tous les jours au volant de nos vĂ©hicules, qu’elles soient anciennes ou modernes ; ils nous sont indispensables et sont mĂȘme devenus obligatoires au fil de l’histoire. Je veux bien Ă©videmment parler des accessoires automobiles.
Mais saviez-vous que bons nombres ont été imaginés, inventés par des femmes?

Le brise vent – Mademoiselle Doumayron

L’histoire du brise-vent remonte en 1892, date Ă  laquelle (13 juin) est brevetĂ© un « objet de toilette » par Mademoiselle Doumayrou. Cet objet est alors davantage un accessoire de mode pour amĂ©liorer l’aspect de sa voiture et ne pas ĂȘtre dĂ©coiffĂ© lors des promenades. 
Son succùs est tel qu’on le retrouve sur presque toutes les voitures dùs 1899.

Le Radical - 17 Juillet 1892

Essuie-glaces - Mary Anderson (1866 – 1953) & Charlotte Bridgwood (1861 – 1929 )

Mary Anderson, Ă©leveuse et vigneronne de l’Alabama, visite la ville de New York, avec ses filles, en plein hiver 1902.
Sous une pluie battante, elle remarque que les conducteurs d’automobile doivent s’arrĂȘter constamment pour nettoyer l’eau, la neige, la glace et la saletĂ© qui s’accumulent sur la vitre. Les conducteurs de tram, quant Ă  eux, s’exposent au froid en roulant pare-brises ouverts pour mieux y voir.

 

De retour chez elle, elle planche sur un dispositif pour nettoyer la vitre. Son idĂ©e est simple : un levier est activĂ© de l’intĂ©rieur par le conducteur, ce qui met en marche un bras composĂ© d’une lame de caoutchouc, puis le ramĂšne Ă  sa position originale, enlevant ainsi toutes les gouttes de pluie ou de neige.
Le dispositif peut mĂȘme ĂȘtre enlevĂ© Ă  souhait, Ă  la fin de l’hiver, par exemple.

 

Elle dĂ©pose un brevet pour son innovation en 1905 pour une durĂ©e de 17 ans, mais ne trouve aucun acheteur. Il faut dire qu’à cette Ă©poque, les voitures ne sont pas encore trĂšs dĂ©veloppĂ©es.

 

Plus tard, une autre femme, Charlotte Bridgwood, mĂšre de Florence Lawrence (voir plus bas), amĂ©liorera l’invention de Mary Anderson, en rendant le mouvement automatique et en remplaçant la lame de caoutchouc par des rouleaux, plus efficaces.
Contrairement Ă  Mary Anderson, Charlotte Bridgwood n’a pas cherchĂ© Ă  commercialiser ses essuie-glaces automatiques et son brevet a rapidement expirĂ©.

 

En 1922, les essuie-glaces ont commencĂ© Ă  ĂȘtre installĂ©s de sĂ©rie sur la plupart des modĂšles et Cadillac fait mĂȘme des essuie-glaces automatiques un Ă©quipement standard sur tous ses modĂšles.

RĂ©troviseurs - Dorothy Levitt (1882 – 1922) ?

Pilote, journaliste et militante fĂ©ministe britannique, Dorothy Levitt Ă©tait une excellente pilote automobile. Elle aimait la vitesse et Ă©tait d’ailleurs appelĂ©e « La fille la plus rapide du monde » ; elle se surnommait elle-mĂȘme Motorina.

Ses compĂ©tences en conduite l’ont mĂȘme amenĂ©e Ă  donner des cours de conduite Ă  la reine Alexandra du Danemark et Ă  publier en 1909 un manuel de conduite automobile : « The Woman and the car ».

Dans cet ouvrage, Dorothy Levitt recommande entre autres aux femmes de toujours porter un petit miroir, non pas pour un usage esthĂ©tique, mais pour voir la circulation derriĂšre le vĂ©hicule. L’idĂ©e est alors considĂ©rĂ©e comme superflue et ignorĂ©e.
Ce n’est qu’une dizaine d’annĂ©es plus tard que les constructeurs reconnaissent l’utilitĂ© de cette innovation. Cette recommandation serait donc Ă  l’origine du dĂ©veloppement du rĂ©troviseur et je dis bien « serait » car l’origine du rĂ©troviseur reste encore floue. 

Voici ce que raconte Alfred Fauchet (1888 – 1974), un jeune homme de 18 ans : 
« Je roulais Ă  bord d’une 25 CV Charron-Girardot-Voigt dans la ligne droite de Villeneuve-Saint-Georges Ă  Melun. J’allais doubler une autre voiture, lorsque je vis sur mon pare-brise sur lequel le soleil se reflĂ©tait, une voiture de course. Elle Ă©tait conduite par le grand coureur Fournier et s’apprĂȘtait elle aussi Ă  me doubler. Je freinais alors pour Ă©viter un accident. »

Il en prĂ©sente un prototype, mais pourtant c’est Henri Cain, un dramaturge parisien, qui dĂ©pose le brevet en 1906. En 1911, celui-ci ira mĂȘme en justice pour porter plainte pour contrefaçon et recevra des dommages et intĂ©rĂȘts de la part de commerçants ayant fait usage de son invention. 
Quoi qu’il en soit le rĂ©troviseur sera d’abord utilisĂ© par les coureurs automobiles, avant de s’installer progressivement sur les voitures du quotidien. 

Clignotants - Florence Lawrence (1886 – 1938)

L’actrice Florence Lawrence, considĂ©rĂ©e comme la premiĂšre star de cinĂ©ma, fait partie des premiĂšres conductrices d’automobile aux États-Unis ; la voiture restant encore rare et trĂšs chĂšre au dĂ©but du XXe siĂšcle. RĂ©elle passionnĂ©e d’automobiles, elle conduisait et rĂ©parait tous les vĂ©hicules de sa collection.

C’est la passion et sa crĂ©ativitĂ© qu’ils l’ont amenĂ©e Ă  concevoir, en 1914, un dispositif de bras mĂ©canique qui, activĂ© par un bouton, lĂšve ou abaisse un drapeau installĂ© sur le pare-choc arriĂšre de la voiture, indiquant ainsi si le vĂ©hicule allait tourner.
Plus tard, elle reprend ce principe et installe un signal de freinage (panneau « Stop ») visible Ă  l’arriĂšre lorsque le conducteur actionnait le frein. Ces deux systĂšmes n’ont malheureusement pas Ă©tĂ© brevetĂ©s.

Ligne de dĂ©marcation - June McCarrol (1867 – 1954)

Ce n’est pas un accessoire automobile en tant que tel mais plutĂŽt une « aide » Ă  la conduite routiĂšre qui reste nĂ©anmoins indispensable aujourd’hui.

A l’autonome 1917, en se rendant Ă  son bureau prĂšs d’Indio, en Californie, la mĂ©decin June McCarrol emprunte un tronçon d’autoroute sur laquelle elle fit une sortie de route. Elle pensa alors qu’une ligne de dĂ©marcation aurait permis d’éviter l’accident. 

Voici sa déclaration quelques années plus tard :
« Ma Ford model T et moi nous sommes retrouvĂ©es face Ă  face avec un camion sur l’autoroute pavĂ©e. Il ne m’a pas fallu longtemps pour choisir entre une couchette de sable Ă  droite et un camion de dix tonnes Ă  gauche ! Puis j’ai eu l’idĂ©e d’une ligne blanche peinte au centre des autoroutes du pays par mesure de sĂ©curitĂ©. »

McCarroll ne tarde pas Ă  communiquer son idĂ©e aux autoritĂ©s locales mais ces derniers ne donneront pas suite. Elle ne renonça pourtant pas et prit l’initiative de peindre Ă  la main une bande blanche au milieu de la route, Ă©tablissant ainsi la largeur rĂ©elle de la voie pour Ă©viter des accidents similaires. 

Par l’intermĂ©diaire de l’Indio Women’s Club et de nombreuses organisations fĂ©minines similaires, McCarroll a lancĂ© une vigoureuse campagne dans tout l’État au nom de sa proposition. En novembre 1924, l’idĂ©e fut adoptĂ©e par la California Highway Commission et 5 600 km de lignes furent peintes pour un coĂ»t de 163 000 dollars (Ă©quivalent Ă  1,92 million de dollars en 2018).
Plus tard, l’idĂ©e fut adoptĂ©e dans le monde entier. 

Pour rendre hommage Ă  cette invention, une plaque commĂ©morative Ă  la mĂ©moire de McCarroll a Ă©tĂ© scellĂ©e Ă  l’intersection du boulevard Indio et de la rue Fargo Ă  Indio, en Californie. La plaque est situĂ©e aux coordonnĂ©es GPS 33°43.260â€ČN 116°13.040â€ČW.

Merci Ă  Alexandre Degrandcourt pour cet article đŸ’Ș