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Grand Prix de Silverstone 1950 :  1er GP de l’ère moderne.

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Si aujourd’hui le championnat du monde de Formule 1  et les rivalités Prost/Senna, Schumacher/Hill ou Hamilton/Verstappen, font partie depuis bon nombre d’années du quasi quotidien de n’importe quel amateur de courses automobiles, peu de personnes se souviennent que ce championnat est né il y a plus de 70 ans et que le premier Grand Prix de la série eut lieu à Silverstone le 13 mai 1950. 


Lancement du championnat du monde de Formule 1.

Tout d’abord, il est nécessaire de faire un petit retour en arrière afin de comprendre pourquoi un championnat du monde de F1 pour pilotes est officiellement lancé en 1950 alors que les plaies laissées par la 2ème guerre mondiale sont loin d’être cicatrisées et que les tensions entre certaines nations existent toujours.

C’est sous l’impulsion des italiens, que le championnat pilotes voit le jour. Il y a eu déjà des championnats de monoplaces couronnant des marques, mais pas de championnat permettant à un pilote de décrocher un titre mondial. C’est alors que l’habile marquis Antonio Brivio-Sforza use de toute son influence auprès de la Commission Sportive Internationale de la FIA, dont il fait partie,  pour créer un championnat mettant en avant un pilote et non plus uniquement une voiture, une marque.
 
Ce n’est pas sans arrière pensée qu’il pousse à cette création. Il sait que les Alfa-Romeo sont particulièrement performantes et devraient sans problème dominer la concurrence permettant ainsi à un pilote italien de remporter la mise et gagner ce premier titre de champion du monde pilotes mis en jeu.                 

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7 Grands Prix composent officiellement le programme de ce nouveau championnat. 6 sur des circuits européens (Silverstone, Monaco, Bremgarten en Suisse, Spa, Reims, Monza et Indianapolis). En réalité, Indianapolis et là plus pour justifier l’appellation « Champion du Monde » qu’autre chose. Il se déroule avec une réglementation technique différente et aucun des pilotes américains présents au 500 miles ne viendront courir en Europe les autres manches du championnat, et aucun des pilotes européens n’iront défier les américains pour leur Grand Prix.

Niveau règlement, hors Indianapolis, deux types de motorisation sont autorisés : Moteurs atmosphériques de 4.5l de cylindrées maximum ou limités à 1.5l suralimenté.
Pour les autres détails techniques, le règlement est assez léger, ne fixant aucune limite de poids et l’autorisant l’addition d’alcool dans les carburants. L’essentiel est de faire le spectacle et la notion de sécurité n’est pas pour le moment la principale préoccupation des officiels.

Les forces en présence et les essais.

Comme prévu, Alfa Romeo s’est déplacé avec toute son armada puisque ce n’est pas moins de 4 voitures officielles que présente la marque. L’Alfetta 158 est motorisée par un 8 cylindres de 1479cc suralimenté par un double compresseur Roots lui permettant d’atteindre les 350 chevaux pour un poids à vide d’environ 700kg. Niveau pilotes, on retrouve Farina, Fagioli, Fangio auxquels vient s’ajouter le local Reg Parnell.
 

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Pour s’opposer aux favorites, on retrouve 2 Talbot Lago T26C officielles 6 cylindres à double allumage engagées par Anthony Lago pour Yves Giraud-Cabantous et Eugène Martin. Trois Talbot-Lago simple allumage privées conduites par Etancelin, Rosier et le belge Claes épauleront les deux voitures officielles.

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Maserati aligne une 4CLT officielle pilotée par Chiron. Avec son moteur 1,5l équipé de deux compresseurs, elle développe à peine 260cv, trop peu pour inquiéter les Alfa. 6 autres Maserati sont engagées par des écuries privées dont une vieille 4CL.
Les anglais ne pouvant être absents de leur Grand Prix national, on retrouve 2 Alta GP et 4 ERA dont la conception commence sérieusement à dater.

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On aurait du y retrouver l’équipe Ferrari mais le commandatore n’a pas jugé bon d’inscrire ses 125F1, estimant peut-être l’enjeux insuffisant pour effectuer le déplacement ou tout simplement jugeant que ses machines on besoin encore de développement.
D’autre part, BRM avec sa très prometteuse P15 à moteur 16 cylindres a préféré renoncer ne voulant pas prendre le risque d’aligner une voiture dont la fiabilité reste à démontrer ce qui n’empêchera pas  à la voiture, pilotée par Raymond Mays, d’effectuer quelques tours de piste la veille du Grand Prix.

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Le circuit choisit pour l’ouverture de ce Championnat a été tracé sur un ancien aérodrome militaire désaffecté. Régulièrement modifié depuis son inauguration il mesure un peu plus de 4,6km et peut être considéré comme un circuit rapide.

Les essais ne font que confirmer la supériorité de l’équipe italienne managée par Guidotti. Les 4 alfa Romeo occupent la première ligne, Farina décrochant la pôle position en 1’50’’8 devançant Fagioli et Fangio de 2 dizièmes. Derrière les voitures rouges, on tretrouve les 2 Talbot usine relèguées pour la plus rapide à plus de 2 secondes et l’étonnante Maserati du Prince Bira en 1’52’’6 proche du temps réalisé par Reg Parnell au volant de la 4ème Alfa.

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Le reste de la concurrence est loin derrière, puisque la première ERA est à près de 6 secondes, la dernière qualifiée étant l’Alta de l’irlandais Martin à plus de 15 secondes de Farina.  

La course.

C’est sous un temps clément que le roi Georges VI, accompagné de la future reine Elisabeth, inaugure le premier Grand Prix comptant pour le championnat du monde des pilotes de Formule 1. Près de 200000 spectateurs se pressent autour du circuit prêts à encourager les pilotes locaux.

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La course, comme prévu, ne sera qu’un long cavalier seul des Alfa Romeo. Après un début dominé par Fagioli, Farina s’empare repidement de la tête devant Fangio et la gardera jusqu’à la fin,  améliorant même le temps réalisé pour sa pôle position de 2/10. Le seul souci rencontré par l’écurie milanaise vient de l’abandon de Fangio suite à un problème sur une canalisation d’huile après avoir percuté une bonne de paille. 

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Ce sont donc trois Alfa qui terminent sur le podium, Farina l’emportant devant Fagioli et Parnell.Les Talbot de Giraud-Cabantous et Rosier finissent 4 et 5, la 6ème place revenant à Bob Gerard sur la première ERA classée mais ce à plus de 3 tours du vainqueur.

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Les 8 point accordés au vainqueur auxquels s’ajoute le point du tour le plus rapide tombe dans l’escarcelle de Farina lequel remportera à la fin de la saison le premier titre de Champion du monde des pilotes en devançant Fangio de 3 points.

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Cette course reste à jamais comme celle ayant donné le coup d’envoi d’un championnat qui passionne encore, plus de 70 ans plus tard, une très grosse majorité des aficionados de compétition automobile. Même si cette première épreuve n’a pas laissé le souvenir d’une course mémorable de par son intensité dans l’histoire de la Formule 1, elle est le premier jalon d’une formidable aventure.

Crédit photos : StatsF1, Motor Sport, Auto journal, Pinterest

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