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La Lancia D50, c'est aussi une Ferrari D50

La Lancia D50, c'est aussi une Ferrari D50

Mecanicus continue de vous faire découvrir les superbes autos que nous avons pu voir lors d'une Nuit au Musée au FCA Heritage Hub. Cette semaine c'est Quentin qui vous parle d'une Lancia de Formule 1 : la D50 !

https://www.youtube.com/watch?v=daX1ZBIqK7s

 

Vous en trouverez d'ailleurs la fiche - sous sa version Ferrari - dans sa fiche Autopédia ici.

Une courte histoire avec Lancia

L'auto est novatrice. Mais Lancia ne pourra pas vraiment l'exploiter.

Une seule course en 1954 avec une pôle et un double abandon à la clé, et nous voilà déjà en 1955. Après un triple abandon en Argentine et deux victoires hors championnat, les autos sont à Monaco. Si c'est Ferrari qui l'emporte, la Lancia marque tout de même ses premiers points, Castelloti prenant la seconde place.

Mais le Grand Prix est surtout marqué par le plongeon d'Ascari, au volant d'une D50, dans le port. Pas encore remis de ses blessures, il va sortir de l'hôpital, aller à Monza pour les tests d'une voiture de sport... durant lesquels il trouve la mort.

Lancia a perdu son pilote vedette. La marque est également exsangue financièrement... et finalement liquidée. Bref, c'est pas la joie.

Les D50 cédées à Ferrari !

Si la liquidation des usines Lancia voit un nouvel acheteur, pour la Scuderia Lancia, c'est bien différent. Fiat rachète l'intégralité des outillages et la plupart des autos... pour ensuite les céder à Ferrari, gracieusement, et même offrir un soutien financier au Cheval Cabré pour les 5 années suivantes ! Mamma mia !

Les pilotes suivent et Ferrari se retrouve avec une machine bien plus compétitive que l'actuelle, un ingénieur de renom en la personne de Vittorio Jano l'ayant préparée et optimisée, et peut envisager la suite relativement sereinement.
Le dernier Grand Prix de la saison 1955 aurait du être le premier des Ferrari D50. Sauf que la Scuderia utilise des pneus Englebert, inadaptés aux ex-Lancia, conçues pour des Pirelli. Elles resteront donc aux stands à Monza plutôt que de risquer des accidents dramatiques.

Les Ferrari D50 vraiment en course en 1956

En plus d'avoir récupéré de nouvelles autos, que Jano modifie en profondeur à l'intersaison, Ferrari s’adjoint les services de Fangio, à pied depuis le retrait de Mercedes de la compétition, suite à l'accident des 24h du Mans de l'année précédente. Musso et Castelloti, arrivés avec les D50, l'épauleront sur toute la saison avec des renforts ponctuels en fonction des courses.

Le premier Grand-Prix en Argentine voit la voiture de Musso gagner, même si c'est Fangio qui la pilotait sur la fin de course après son abandon avec sa propre voiture. Les deux pilotes signent là le premier succès de l'auto. À Monaco, Fangio signe la pôle mais va devoir abandonner très tôt. Il sautera alors dans la voiture de Collins pour signer une belle 2e place derrière Moss sur Maserati.

Au Grand Prix de Belgique, Paul Frère, le journaliste, va essayer l'auto pour en faire un article. Rapide, il est engagé pour la course, même s'il se qualifie dernier, loin derrière Fangio qui part en pôle. L'Argentin va de nouveau abandonner et laisser la victoire à Collins... devant Frère ! Premier doublé de la Ferrari D50 ! Et au passage, un bel exploit du journaliste.

À partir de là, Fangio, déçu des abandons et des erreurs à répétition des mécanos de la Scuderia, aura son propre mécano, qui ne s'occupera que de sa voiture. C'est à l'époque totalement inédit !
 

Au GP suivant, en France, on teste une évolution de la D50 avec des carénages, mais elle n'est pas retenue. Fangio signe la pôle mais va connaître de nouveaux ennuis qui le font terminer 4e. Le doublé est quand même assuré, Collins devançant Castelloti.

Fangio, Collins et Castelloti en 1956 à Reims
Fangio, Castelloti, Collins et Moss dans la 250F, Grand prix d'Allemagne, 1956

Fangio va l'emporter coup sur coup en Angleterre et en Allemagne. En partageant la seconde place à Monza avec Collins, il s'assure le titre de champion du monde des conducteurs.

La version à carénages, testée mais jamais vue en course
Fangio au Grand Prix de France

1957, la Ferrari D50 se métamorphose

Vittorio Jano revoit une fois de plus la D50. Exit les carénages latéraux, qui n'abritaient déjà plus les réservoirs sur la D50/801. Exit aussi Fangio, déçu de sa collaboration avec Ferrari, il file chez Maserati.

Le début de saison est clairement mauvais. Les Maserati dominent et il faut attendre le troisième Grand Prix, en France, pour que Musso ne prennent une belle seconde place. En Angleterre, il est de nouveau deuxième, devant Hawthorn. En Allemagne, malgré les 2e et 3e places de Collins et Hawthorn, Fangio remporte son 5e titre !

La fin de saison n'apportera qu'une maigre 3e place pour Von Trips à Monza. C'est la déception chez Ferrari. En même temps la D50 a maintenant plus de 3 ans et commence à montrer ses limites.

Elle sera remplacée... mais contrairement aux autos précédentes, aucune auto ne trouvera preneur auprès d'un privé pour continuer la carrière de la Ferrari D50 !

Les D50/801 sur le Nürburgring

Les Lancia et Ferrari D50 de nos jours

On vous le dit de suite : ces autos sont rares. Celle que l'on a pu voir au FCA Heritage Hub est une rareté puisqu'elle avait été conservée par Gianni Lancia et n'est jamais passée chez Ferrari. C'est donc une D50 "première version".

On peut aussi voir sur certaines courses, notamment Goodwood Revival, une D50A portant fièrement le Cheval Cabré. C'est certainement la seule que vous pourrez voir régulièrement rouler.

Alors profitez en, la billetterie pour le Revival 2020 est ouverte !

Source et photos : News d'Anciennes, Klemantaski Collection