Panhard Dyna X de 1951

La Panhard Dyna X, un style Louis XV pour une auto vraiment moderne !

C'est une auto plutôt rare, mais quand vous en croisez une, vous savez que vous avez devant vous une Panhard Dyna X. Une auto très originale par son style. C'est presque dommage parce qu'elle empêche de se rendre compte à quel point elle est moderne.

Un projet conçu pendant la guerre et récupéré

En fait, il faut poser les bases. La base de la base c'est un ingénieur renommé : Jean-Albert Grégoire. Père des joints Tracta, c'est grâce à lui que les autos françaises seront parmi les premières à recevoir la traction (d'abord sur les Tracta puis, notamment, les Citroën du même nom).

Cet homme est un créateur de génie et travaille ses autos avec de l'aluminium, notamment l'Amilcar Compound produite par Hotchkiss juste avant la guerre. Cette dernière va d'ailleurs être l'inspiratrice d'une auto appelée AFG. Sous ces trois lettres on retrouve la société "Aluminium-Français" et Grégoire. En effet la société a commandé à un prototype à l'ingénieur en 1940. La voiture est roulante en 1943, proposée à Simca, qui la refuse. Finalement c'est Panhard qui récupère le prototype et va en dériver celle qui sera sa première auto de l'après-guerre.

l'AFG Grégoire

La Dyna X : concentré d'innovation

Quand la Dyna X est dévoilée au salon de Paris 1946 elle est tout à fait inscrite dans le Plan Pons... dont beaucoup de constructeurs s'affranchissent, mais pas Panhard.

Elle reprend les grands principes de l'AFG mais a été revue par Panhard. Ainsi on retrouve un "cadre" de pare-brise en alu moulé. Déjà vu sur l'Amilcar Compound, il offre une belle rigidité tout en gardant une certaine légèreté. D'ailleurs la Panhard Dyna X fait massivement appel à l'aluminium, ce qui permet de garder un poids contenu de 560 kg.

Son moteur de 610 cm³ est également dérivée de celui de l'AFG. C'est un bicylindre à plat (un an avant que Citroën ne présente la deuche). Par contre Panhard a choisi un embiellage sur rouleau pour doper les performances.

Enfin le style... il est là aussi dérivé de l'AFG. L'auto est un peu redessinée mais garde les grandes lignes de son inspiratrice, à l'exception notable du fait que la Dyna X est bien une 4 portes. Louis Bionnier l'a modifié, arrondi... et l'a décoré. Le style est chargé et rondouillard ce qui lui vaut immédiatement le surnom de "Louis XV".

Panhard Dyna X en 1946

Une belle, mais courte, carrière

La production démarre en 1947 et finalement les premières autos sont disponibles fin 1947. Les carrosseries sortent de chez Facel-Metallon, l'assemblage final se fait chez Panhard, quai d'Ivry.

La première série est appelée Dyna X 100 (type X84) pour les 100 km/h que lui permettent son moteur de 22ch. À la fin 1948, les phares deviennent profilés et la Dyna K, une fourgonnette de 350 kg de charge utile, sont les nouveautés. L'année suivante apparaissent les 110 (type X85) avec un moteur de 28ch et les 120 (X86) avec un moteur de 745 cm³ et 34ch. Par contre cette dernière est une 4cv. À la fin de l'année 1950 la gamme s'étoffe avec l'arrivée d'une berline découvrable et d'un cabriolet. la Dyna K passe à 500 kg de charge utile.

Panhard Dyna X découvrable

1951 verra un gros restylage avec une nouvelle face avant plus consensuelle. L'année suivante débarque la 130 (X87) avec un moteur 851 cm³ de 38 ch. Elle a même droit à une version Sprint de 42ch tandis qu'un cabriolet Junior est proposé à la vente.

Panhard Junior

La Panhard Dyna X ne connaîtra pas d'autres évolutions.

Première d'une belle lignée

Avec 47.049 exemplaires produits pendant ses 7 années de production, la Panhard Dyna X a remis la marque sur le devant de la scène. Surtout elle l'a orienté vers des autos plus petites et plus populaires.

En 1953 débarque la Dyna Z. Elle garde le moteur 851 cm³ et innove également sur son style. Le succès sera encore plus grand avec 139.632 exemplaires produits en 5 ans. La PL17 qui lui succède, fait évoluer le style mais garde le 851 cm³, au départ du moins et sera produite à 166.192 exemplaires. De beaux succès qui n'empêcheront pas la marque de se faire "croquer" par Citroën au milieu des années 60.

La Panhard Dyna Z