Coup d'écrou 24

Le coup d'écrou#25 - L'arbre de transmission

L’arbre de transmission

Dans les véhicules à propulsion arrière et à moteur à l’avant, l’arbre de transmission disposé longitudinalement sous le plancher du véhicule transmet le mouvement de l’arbre secondaire de la boîte de vitesses au pont-arrière.
Étant donné que la boîte de vitesses est fixée sur le moteur, lui-même solidaire du châssis et que le pont arrière est relié au châssis ou à la coque par un système de suspension élastique, l’arbre de transmission doit être articulé en un point au moins pour ne pas s’opposer au débattement des roues.
On utilise, pour réaliser cette articulation, deux sortes d’organes :
• les flectors ;
• les cardans.

Arbre

Les flectors

Sur les extrémités des arbres à accoupler sont engagées des pièces constituées par une douille à trois branches et disposées de telle manière que les branches de l’une se trouvent entre les branches de l’autre. Les branches des deux pièces sont réunies par un disque formé de plusieurs épaisseurs de toile caoutchoutée.
Le disque est assez rigide pour transmettre le mouvement de rotation d’un arbre à l’autre en se déformant très peu. Par contre, il permet de légères variations dans l’alignement des deux arbres.
Les flectors ne nécessitent aucun entretien, et ils sont d’un fonctionnement très silencieux.

Flectors

Les cardans

Un cardan, qui tient son nom de son inventeur Jérôme Cardan, se compose de deux pièces en forme de fourches dont les branches se terminent par des chapes. Dans ces chapes sont logés des roulements à aiguilles dans lesquelles tourillonnent les extrémités d’un croisillon réunissant les deux fourches.
Le croisillon est percé de deux canaux de graissage perpendiculaires, aboutissant aux extrémités des tourillons. Au centre du croisillon est vissé un graisseur qui permet d’introduire la graisse au point de rencontre des deux canaux.
Les cardans permettent une inclinaison de l’ordre de 15° entre les arbres qu’ils relient.
Les cardans sont d’un entretien plus délicat que les flectors. Ils doivent être maintenus parfaitement graissés.

Les différents types d’arbres de transmission

Transmission par arbre sous tube-carter

L’arbre de transmission est enfermé dans un tube rigide en acier, engagé par son extrémité arrière dans le carter du différentiel, soit par vissage, soit par manchonnage.
À l’avant, le tube se termine par une sphère creuse maintenue entre deux coquilles formant rotule, l’une d’elles étant fixée sur une traverse du châssis.

Transmission par arbre sous tube-carter

Le cardan de l’arbre, dont l’axe se confond avec celui de la rotule, est logé à l’intérieur de la rotule.
Afin que les ressorts de suspension arrière ne se déforment pas sous l’effet des oscillations du tube-carter, le pont-arrière n’est pas fixé sur les ressorts de manière rigide, mais par des patins articulés.
Pour empêcher le battement de l’arbre de transmission à l’intérieur du tube-carter, celui-ci est parfois en deux parties et un roulement, logé à l’endroit du raccordement, constitue un palier intermédiaire de l’arbre.
Le tube-carter sert, par ailleurs, d’organe de poussée ; c’est-à-dire qu’il transmet à l’ensemble du véhicule la poussée des roues motrices.

Transmission par arbre apparent

L’arbre comporte deux cardans disposés, l’un à la sortie de la boîte de vitesses, l’autre à l’entrée du pont-arrière.

Transmission par arbre apparent

L’arbre ne peut dans ce cas transmettre la poussée des roues motrices au châssis. Ce sont alors les ressorts qui remplissent ce rôle.
Pour que le pont-arrière ne puisse tourner sur lui-même, il est fixé sur les ressorts de manière rigide, De ce fait, sous l’influence des inégalités du sol, le pont se déplace dans un plan vertical et la distance entre l’axe du pont et le centre du cardan de sortie de boîte varie constamment. Pour cette raison, l’arbre de transmission doit avoir une longueur variable.
De ce fait, il est en deux parties coulissant l’une dans l’autre, suivant les déplacements verticaux du pont, tout en étant solidaires l’une de l’autre en rotation.
Un graisseur fixé sur le manchon cannelé permet la lubrification de la coulisse.

Article écrit par Alexandre Degrandcourt
Crédits : Documents Berliet, Peugeot