Leblond Spéciale Berlinetta 1955 : une « bitza » à la française

Leblond Spéciale Berlinetta 1955 : une « bitza » à la française

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Même si le mot « bitza » s’adresse d’abord au monde de la moto et à l’assemblage de pièces de provenances diverses et variées aboutissant à la création d’un modèle unique et « spécial », on peut aussi l’utiliser dans le cas d’une voiture construite à partir de diverses pièces qui n’auraient jamais du se retrouver ensembles si ce n’est grâce à l’imagination et l’esprit débordant d’un mécanicien passionné. Tel est le cas de la Leblond Spéciale 1955. 

Albert Leblond : un mécanicien touche à tout.

C’est dès la deuxième guerre mondiale qu’Albert Leblond commence à restaurer, transformer, tous types de véhicules. Dès 1944, il dessine les plans de ce qui sera sa première Spéciale.Un mélange de Talbot T120, Bugatti Type 40 le tout animé par un moteur De Coucy retravaillé maison. Trouvant que ce dernier manque de puissance, il le change alors par un 6 cylindres BMW de 326/327 dont il améliore les performances et avec lequel il s’inscrit au départ des 12 heures de Monthléry 1948. Cette sortie se solde par un abandon, mais la voiture possède quelques qualités dont une tenue de route remarquable.

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C’est dans un tout autre domaine qu’Albert Leblond va aussi faire parler de lui et montrer toutes ses qualités de mécanicien touche à tout. En 1952, il reçoit une commande de la maison Bénédictine, la célèbre marque de liqueur. Elle lui demande de réaliser à l’échelle ½, une réplique de leur camion servant à la livraison de leur boisson. C’est ainsi qu’Albert Leblond construit un camion de 6,6 mètres de long, animé par un moteur d’origine Fiat de 1100cm3. On pourra voir sur toutes les routes de France les deux véhicules voyager de foires en salons, sillonnant les campagnes au grand bénéfice de la marque.

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La Leblond Spéciale berlinette 1955

C’est en 1955 qu’Albert Leblond se lance dans un nouveau projet. Il fabrique un châssis à base de tubes à section ovale sur lequel il greffe un pont arrière de Bugatti 57SC et une suspension avant de 403 Peugeot. Les freins proviennent également de la 57SC.

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Niveau moteur, c’est de nouveau le 6 cylindres BMW de la 327 qui est choisi. Avec ses Solex inversés et son allumage Bosch, la voiture frôle les 160 km/h.

Pour ce qui est de l’habillage, Albert Leblond va saisir l’opportunité d’utiliser une carrosserie dessinée par Eugène Martin. D’abord destinée à habiller une Talbot 2,5l, elle n’a pas été exploitée suite à la disparition de la marque. Elle s’adapte facilement au chassîs construit par Leblond et, polyester aidant, est très légère.Le mécanicien y ajoute quelques gadgets comme les feux arrière rétractables en cas de choc, l’ouverture du capot électrique ou un démarreur automatique.

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Cette voiture restera unique. Après avoir changé de main au décès de son créateur, elle connaîtra deux autres propriétaires avant d’être vendue aux enchères par Bonhams en 2004. On la verra ensuite dans différents événements où elle a été saluée comme elle le mérite.
Depuis sa vente en 2004, elle a été restaurée en carrosserie.

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Elle a même eu l’occasion de faire de la figuration au cinéma puisqu’on peut la voir brièvement dans le film de Dee Rees « Sa dernière volonté » avec Anne Hathaway et Ben Affleck dans les rôles principaux.

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Après cette réalisation, Albert Leblond continuera à travailler sur les moteurs, fabricant même un petit monocylindre et utilisant tout son talent pour entretenir certaines voitures de Serge Pozzoli.

Crédit photos : Conceptcarz, Bugattirevue, Bonhams.