Les constructeurs (automobiles) disparus de Franche-Comté - Millot - Partie 5

Les constructeurs (automobiles) disparus de Franche-Comté - Millot - Partie 5

L’histoire commence par la vente d’une fonderie de seconde fusion appartenant aux frères Hyppolite et Antoine François Marlaud en 1856 à Charles Millot. Alors propriétaire d’une fonderie à Arc-lès-Gray (70), Charles Millot installe dans les nouveaux locaux, une fabrique de construction mécanique et oriente progressivement l’usine vers la production de matériel agricole, sous la direction de ses deux fils. La société Millot produit ainsi des batteuses, des faucheuses-moissonneuses, des presses à fourrage, des concasseurs, des coupe-racines et des pompes, mais aussi des locomobiles à vapeur de 2 à 12 CV.

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Moteurs fixes

En 1892, l’année où le père de famille s’éteint, l’entreprise se lance dans la fabrication de moteurs fixes en grande série actionnés par divers carburants tels que le pétrole, le gaz, l’alcool ou l’essence et destinés à l’industrie.

L’usine emploie alors 87 ouvriers et 5 enfants.

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En 1893, la société Millot se place à l’avant-garde de la production française des moteurs fixes à essence. Grâce à sa technique avancée et à la précision de ses usinages, le moteur Millot se révèle comme le plus robuste, le plus sûr et le plus économique.

La gamme des moteurs à essence comprend 22 modèles, de 2 à 14 CV, permettant d’être installés en atelier de toutes corporations mécaniques. La gamme des 5 CV remporte toutefois le plus de succès pour ses avantages indiscutables : herméticité, accessibilité des organes, radiateur inéclatable, double volant, pompe à eau à débit visible, et changement de vitesse manoeuvrable en marche.

Retour aux sources

Un nouvel atelier de construction est édifié en 1895-1896, quai Mavia à Gray (70).

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En 1898, sentant un essor certain de la mécanisation, les deux fils Millot mènent des études aboutissent à la réalisation d’une voiture automobile avec roues à bandage en caoutchouc et équipée de deux banquettes disposées en vis-à-vis mais la production en série est délaissée au profit de modèles plus utilitaires (châssis de scies à ruban automobiles).

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Fidèle à sa vocation première, Millot ajoute à la construction de moteurs, une gamme variée de machines agricoles et de machines diverses à l’usage des entreprises rurales, toutes équipées du moteur thermique Millot.

Au début du XXème siècle, la société Millot produit annuellement 1500 faucheuses, 150 moissonneuses-javeleuses, 900 moteurs à essence et 100 moteurs à pétrole lampant. A cette époque, la société Millot se positionne au 4e rang en Franche-Comté pour la fabrication mécanique, derrière Peugeot, Japy et la chaudronnerie Douge. L’usine Grayloise emploie alors 110 personnes.

Réputation

Vers 1915, la société, employant 170 personnes, est renommée Anciens Etablissements Millot.

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En 1925, 25000 moteurs Millot sont en service. Millot acquiert alors la flatteuse réputation du “moteur qui dure”, un moteur qui est présent sur toutes les grandes foires de France. D’ailleurs, au Salon de la Machine Agricole de Paris de 1927, l’usine grayloise se démarque par un nouveau moteur de 10/12 CV aux huiles lourdes.

Déclin

A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, Millot est repris par la société Labourier de Mouchard (39). L’activité de fonderie est abandonnée mais l’atelier de fabrication de matériel agricole est maintenu. Ce dernier est remplacé par une entreprise de sous-traitance de mécanique générale par la suite. L’usine ferme ses portes en 1991 suite à l’incendie du bâtiment.

 

Note : Le Conservatoire du Machinisme Agricole de Velesmes (70) renferme un grand nombre de machines agricoles, véhicules en tous genres et outils utilisés jadis dans nos campagnes.