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#MarketMood: le point sur les enchères de la Monterey Car Week

#MarketMood: le point sur les enchères de la Monterey Car Week


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On peut dire qu'au mois d'août ce n'est pas facile d'analyser le marché de l'automobile ancienne. Les collectionneurs qui ne sont pas en vacances ont des autos à faire rouler et n'achèteraient rien. Sauf qu'au mois d'août si on regarde de l'autre côté de l'Atlantique on y trouve la Monterey Car Week, une semaine folle avec des dizaines d'événements qui se sont montés autour du plus prestigieux : le Concours d'Élégance de Pebble Beach qui clôt la semaine.

Et qui dit grosse concentration de collectionneurs aux USA dit ventes aux enchères. 12 des 20 les plus chères sous un marteau ont été vendues ces 10 dernières années là bas. Voilà qui plante bien le décors.

Maintenant qu'est ce qu'on a vu en Californie en ce mois d'août 2019 ? 

En 4 mots comme en cent : une fin de cycle.

Que le marché soit en pleine contraction, ce n'est pas nouveau, ça fait trois ans. Les enchères ont un peu résisté mais ont suivi la courbe descendante il y a deux ans. D'abord les ventes régionales, dont les taux d'invendus se sont rapprochés des 50% tandis que les gros prix se concentraient sur les grosses ventes. Et puis les ventes des trois géants que sont RM Sotheby's, Bonhams et Gooding & Co auxquels il convient d'ajouter Artcurial, ont été elles aussi touchées. On passait de 90% des lots vendus à 75 ou 80. Sauf qu'en Californie on résistait. Jusqu'à cette année. Alors que s'y est-il passé ?

Les quatre ventes de la Monterey Car Week

Des quatre ventes, Mecum est celle dont on va parler le plus rapidement. En fait elle est un peu à part puisque les très gros prix ne représentent jamais qu'une minuscule partie du catalogue. Cinq autos dépassent le million et des centaines d'autres sont vendues. Rien de nouveau pour cette maison spécialisée dans les enchères massives.

Maintenant RM Sotheby's. Généralement, c'est là qu'on retrouve les plus gros lots. La maison américaine avait réparti ses lots en trois ventes. Une dédiée aux Aston Martin, et deux autres plus générales. À chaque fois plusieurs autos pouvaient taper très fort et dépasser les 10 voire les 20 millions de dollars. Résultat ? 107 millions de dollars. C'est un gros chiffre... mais réalisé avec 74% des lots vendus. Et ce sont surtout les gros lots qui ont échoué à se vendre. Seule la McLaren F1 LM "Street" arrive à briller à 19.805.000 $, et 5 autres autos dépassent les 5 millions. Chose inimaginable il y a peu : une 250 GT California Spider ou même des 300 SL font partie des invendus ! Et ce n'est pas une question de surévaluation, elles étaient dans les fourchettes de prix constatés ces dernières années.
Résultat très moyen, donc.
Pour l'anecdote, une auto très en vue a également fait parler d'elle. On pensait viser un record du monde aux enchères quand la Porsche Type 64 atteignait 50 puis 70 millions de dollars... mais on avait juste mal compris la différence entre seventy et seventeen. Résultat : elle n'atteint pas son prix de réserve fixé à 20 millions. Un sacré couac !

Petite vidéo du fameux couac...: https://www.youtube.com/watch?v=9WldajqzUMc

 

Chez Gooding & Co... on a eu ce que l'on méritait. Le catalogue était beau, là aussi des lots d'exception y avaient été inclus. Sauf que dès la lecture du catalogue, avant la vente, il apparaissait que certains prix étaient élevés. Comme si l'inflation du marché continuait. Sauf que... c'est faux. Et les 80,7 % de lots vendus (meilleur ratio de la semaine) et les 76.824.740 $ récoltés sont en trompe l’œil. Au final les prix de réserve ont parfois été renégociés et les prix ont rarement approché l'estimation haute.
Le plus haut prix de la vente montre son état d'esprit : une Ferrari 250 GT California Spider longue part pour 9.905.000 $. Son estimation était fixée entre 16 et 18 millions ! 😱
On ne va pas dire que c'est une vente au rabais puisque les prix d'adjucation sont "normaux" au final. Un bel exemple avec la première Ferrari Daytona de série. Estimée chère, entre 1.2 et 1.5 million elle se vend pour 995.000 $, prix normal d'une de ces autos de nos jours.
Bref, si on ne s'est pas planté dans la salle des ventes, quelques experts auront probablement eu de petits soucis avec les vendeurs...

On termine avec les anglais de Bonhams. C'est une vente toujours à part, un peu plus pointue, avec des autos plus anciennes et qui parlent moins au grand public. 74,25 % des lots vendus, c'est pas mal, Bonhams ayant tendance à être toujours en dessous de ses concurrents. La tête d'affiche, une Porsche 718 RSK ne se vend pas, le plus haut prix, une Ferrari 340 America Coupé s'arrête à 3.635.000 $ quand elle aurait pu prétendre aux 4 millions il y a un an encore. Les belles d'avant guerre, les originales et même une F40 ne se vendent pas. Les prix étaient pourtant plus normaux que chez Gooding... mais les clients n'étaient pas dans la salle.

Conclusion :

Commencer un Market Mood avec de tels résultats, c'est pas mal du tout. Pour une fois on avait réellement quelque chose à analyser. Et pas des chiffres énormes qui étaient au final déconnectés du reste du marché les autres années.

Les grosses ventes ont donc pris du plomb dans l'aile. Pour voir quel va être l'impact de la Monterey Car Week sur les autres grosses ventes, il faudra déjà regarder les catalogues des prochaines ventes. Si vous voyez que des prix baissent avant même l'exposition des autos, c'est qu'on a peur. Si les taux d'invendus explosent, c'est qu'on a toujours pas compris...

Et on ne pourra pas dire à chaque fois que les clients étaient au Golf ou en train de siroter du Champagne en bord de mer. Ça marche à la Monterey Car Week, mais pas à Goodwood Revival !

Photos : Gooding & Co, RM Sotheby's et Bonhams

 

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