Maserati Shamal par Mecanicus

Maserati Shamal, une Biturbo, mais en mieux !

“Écoute, elle fait un joli bruit cette Biturbo”. Voilà ce que peuvent se dire les passants qui découvrent la belle italienne noire que Mecanicus vous propose actuellement à la vente. Et ils ont bien raison de reconnaître une Biturbo. Sauf que ce n’en est pas une ! C’est une Maserati Shamal, on vous détaille son histoire.

Nouvelle voiture mais même philosophie

Depuis 1981, Maserati joue du Turbo. Les premières années de De Tomaso à la tête du constructeur italien l’ont été avec des autos héritées de l’ère Citroën. On retrouvait des coupés à moteur V8 (lui-même hérité de la 450 de course de la fin des années 50) et la petite Merak à moteur central.

Sous la présidence de l'Argentin, on développe et on sort la Biturbo. C’est toute une gamme qui va en découler avec des Berlines, un Cabriolet et des dérivés plus performants. Mais c’est bien le V6 Biturbo qui reste sous le capot. Les ventes restent cependant assez mesurées pour ne pas dire faibles. Maserati doit remonter en gamme et on développe une nouvelle voiture.

Maserati Biturbo

Pour ça, on fait appel à Marcello Gandini qui épaulera le centre de style de Maserati. Le seul souci, c’est qu’on a pas une lire en poche. Il va donc falloir jouer intelligemment. On va reprendre énormément d’éléments des voitures existantes.

On commence par le châssis. Ce sera celui de 2,4 m d’empattement, le plus court, celui des Spyder et Karif. Les trains avant sont repris également. Pour l’habiller, on va reprendre encore d’autres éléments de la Biturbo. L’intérieur est identique, les portes aussi. Mais pour le reste de la carrosserie, si elle semble semblable, ce n’est que la base puisqu’on apporte de nombreuses modifications.

La plus visible c’est l’adoption des phares sous cache. Ils sont désormais séparés, même si leur logement est identique ! On remarque aussi l’arceau façon “Targa”. Il n’est pas là que pour décorer puisqu’il joue un vrai rôle structurel. Laissé noir, on le remarque instantanément… quand l’auto n’est pas noire !

Maserati Shamal

Gandini ajoute également quelques gimmicks qui lui sont propres. Il commence par une petite lèvre située juste à la base du pare-brise. Son but est d’accélérer l’air et l’eau sur la surface vitrée pour qu’elle s’en aille plus vite. L’aéro est travaillé puisque le vortex créé aspire également les essuis-glace pour les “cacher” à haute vitesse.

Lèvre de pare-brise Maserati Shamal

Ensuite il reproduit l’arche de roue avec une découpe inclinée à l’arrière. Il l’avait introduite sur la Countach et ce dessin fera école puisqu’il se retrouvera sur la quatrième version de la Quattroporte quelques années plus tard et même copié par Chris Bangle au moment de signer la Fiat Coupé.

Arche de roue arrière Maserati Shamal

Maintenant, reste la grosse différence avec la Biturbo : le moteur. Il pourrait s’appeler Biturbo puisqu’il fait appel à deux turbocompresseurs IHI et des intercoolers. Seulement, ce n’est plus un V6 mais un V8. Contrairement à d’autres moteurs V6 dérivés de V8, c’est ici l’inverse. On dirait même que c’était prévu dès le départ puisque le V à 90° n’est pas naturel pour un V6 mais sied parfaitement à un V8. 3,2 litres, deux arbres à cames en têtes par banc de cylindres, il est accolé à une boîte 6 Getrag et un différentiel à glissement limité maison.

Moteur Maserati Shamal

La Maserati Shamal : la dernière des De Tomaso

14 Décembre 1989. Alejandro de Tomaso présente la Maserati Shamal à Modène. On voit bien que c’est une grosse Biturbo. Et on voit bien qu’elle est également la digne descendante des précédents coupés aux Trident à moteur V8. 326ch, 1500kg, elle accroche les 100 km/h en 6,6s (au lieu des 5,3 annoncés) et atteint 252 km/h (au lieu de 270). Même si on a été optimiste dans la fiche technique de la présentation, on se retrouve là avec une auto bien plus performante que ce que Maserati produisait jusqu’à présent.

D’ailleurs, les autos produites avant 1989 n’ont pas sauvé Maserati, loin de là. Le consortium dirigé par l’Argentin, regroupant la GEPI et même Chrysler, ne peut plus rien pour la marque. Les dettes sont énormes et vont être effacées un mois seulement après la présentation de la Shamal. Le Groupe Fiat met la main sur le trident.

Mais la Maserati Shamal est bien avancée et elle est lancée en production. Néanmoins, Maserati est encore à relancer. La Ghibli II reprend le Flambeau des Biturbo, la Quattroporte IV débarque. La Shamal est toujours en haut de la gamme mais ses ventes sont faibles.

Arrière Maserati Shamal

En 1996 elle est arrêtée après seulement 369 exemplaires produits. Elle laisse comme héritage son moteur V8, repris sur la 3200 GT en 1998, mais avec un style bien différent. C’est ce style qui relancera la marque sur les “4200” qui font, elles, appel à un moteur Ferrari.

La Maserati Shamal de Mecanicus

C’est une auto de 1992 que nous vous proposons à la vente. Française d’origine, elle en est à son 4e propriétaire. L’auto est entièrement d’origine, mais en parfait état. Les courroies sont à prévoir mais elle tourne déjà parfaitement.

C’est une vraie rareté, en parfait état, une auto luxueuse et performante qui vous enchantera avec son V8 si spécial, à la fois doux et brutal ! 

Pour en savoir plus, c’est par ici.

 

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