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Panhard, la mécanique aux 1000 victoires ! Partie 2

Panhard, la mécanique aux 1000 victoires ! Partie 2

Partie 2 : 1957 - 1966

1957, la prééminence des rallyes de consommation

Les années passent et la mécanique Panhard assure toujours autant en compétition avec près de 100 victoires en 1957. A Systrières, c’est même une Dyna X86, vieille de cinq ans, qui remporte le classement général.

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Panhard est partout (Tour de Belgique, Tour de Corse, circuit de vitesse à Caen, 12 Heures de Reims, Mille Miglia, rallye de Nantes) et gagne souvent.

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Et quand les premiers concours de consommation apparaissent, les Dyna répondent présent. Favières, l’agent Panhard de Dreux, emporte ainsi la deuxième édition du Mobilgas Economy Run, au mois de juillet en consommant à peine 5,19 litres en moyenne.

1958, de beaux résultats sportifs

Panhard célèbre, en 1958, la 850ème victoire de son bicylindre à l’issue du rallye Lyon-Charbonnières, où le coach DB de Consten remporte sa catégorie après s’être distingué au rallye des Routes du Nord au volant d’une Dyna de série.
C’est également une grande année pour DB qui s’illustre notamment aux rallyes Neige et Glace et de Nantes, aux 12 Heures de Reims, au Liège-Rome-Liège, au Tour de France mais également aux États- Unis avec 21 victoires.

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Panhard est cependant aussi champion de l’économie et le prouve une nouvelle fois avec la Dyna Z12 d’Hébrard, qui consomme seulement 4,589 litres en moyenne, sur les 2700 km du Mobil Economy Run.
A l’automne, l’écurie Monopole est dissoute et c’est DB qui devient désormais l’écurie officielle de la marque.

1959, année très chargée

Au début de l’année 1959, René Bonnet reprend progressivement le dessus, après un terrible accident en 403 qui a failli lui coûter la vie, le 19 septembre 1958. Durant sa longue période de convalescence, il n’avait jamais cessé de penser à son usine, à ses voitures, à ses collaborateurs directs et aux compétitions. Au mois de février, devant la rapidité de ses progrès due à sa farouche volonté, il se murmurait que René Bonnet pourrait reprendre le volant dans un court délai.
Le 22 mars 1959 à Sebring, un bolide bleu France tourne sur le circuit avec à son volant, René Bonnet qui a tenu à effectuer lui-même quelques tours d’entraînement pour jauger la mécanique.
Cette année, Sebring s’auréolait d’une double victoire DB : une en catégorie 750 cm3 et l’autre à l’Indice Energétique avec l’équipage Armagnac-Laureau, obtenue avec l’extraordinaire moyenne de 118 km/h, alors que la Ferrari gagnante réalisait 130 km/h.

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Les DB a mécanique Panhard, remportent également deux victoires aux 24 Heures du Mans : Cornet- Cotton à l’Indice de Performance et Consten-Armagnac à l’Indice Energétique. Le coach de Guilhaudin-Rey, quant à lui, s’illustre au rallye Mont-Blanc-Iseran, au Tour de France et au Critérium des Cévennes, celui de Surles-Piniers au rallye de Monte-Carlo et au rallye du Pétrole.
Quant aux Dyna, elles raflent les prix aux concours de consommation comme Caltex Economy Test et Mobil Economy Run.

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1960

Une cinquantaine de victoires viennent étoffer le palmarès du bicylindre cette année-là, notamment en Grèce, en Algérie et au Sénégal avec des PL17.

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Les DB continuent leur prouesses que ce soit aux 24 Heures du Mans, avec Laureau-Armagnac sur barquette à moteur 702 cm3, remportant à la fois l’Indice de Performance et la Coupe biennale, et au Tour de France automobile, où le coach de Bertholoni et de Saint-Auban s’approprie aussi l’indice.
Du côté des concours de consommation, les PL17 remportent la victoire du Mobil Economic Run de trois pays : Italie, France, et Autriche.

1961, un podium mémorable

Cette année, le règlement du rallye de Monte-Carlo est particulièrement favorable aux voitures de petite cylindrée. Panhard y engage donc 11 voitures et place trois PL17 aux trois premières places du classement général.

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Aux 24 Heures de Mans, ce seront deux DB qui raflent l’Indice de Performance avec l’équipage Laureau-Bouharde et l’Indice Energétique avec Guilhaudin-Jaeger.

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En concours d’économie, le flat-twin reste quasi imbattable au Caltex Performance Test, au Mobil Economy Run et au Mobil français.

1962, coup de tonnerre

Avec la fin annoncée de DB, la saison sportive s’annonce bien compromise pour la marque désormais privé d’écurie officielle. Heureusement Charles Deutsch reste fidèle à Panhard et a dans ses carton un projet de berlinette, une succession du coach DB.
Deutsch et toute son équipe mettent les bouchées doubles pour en construire un prototype qui prendra le départ des 24 Heures de Mans. Ils réussissent ainsi à aligner trois voitures (plus une de réserve) au départ du Mans et l’une d’entre elle remporte même l’Indice Énergétique.
Cette berlinette habillée d’une carrosserie en polyester extrêmement aérodynamique sur châssis poutre et équipée du flat-twin Panhard dont la cylindrée à été réduite à 701 cm3 et dont la mise au point a été confié à l’ingénieur Bertin à fait immédiatement ses preuves : la Panhard CD est née.
En rallye les PL17 continuent à enchaîner les victoires notamment en Amérique du Sud et également aux concours de consommation.

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1963, l’année creuse

Aucune victoire notable n’est à mettre à l’actif de la mécanique Panhard en 1963. Les PL17 sont une fois de plus dominées par les Renault Ondine au Mobil Economy Run et en rallye seule la PL17 de Lelong-Rousseau se distingue en remportant le Tour de France Automobile.
Jean-Marie Massoulier et Pierre Lisbnois, deux fidèles de la marque ont eu l’idée de lancer un défi avec la SNCF et de relier Paris à Istanbul plus rapidement que par le rail. Leur PL17 Tigre relie les deux villes en moins de 31 heures 50 minutes, soit à la moyenne de 92,112 km/h.

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1964, vers la fusion avec Citroën

Panhard effectue son retour aux 24 Heures du Mans en 1964 avec des CD à carrosserie spéciale très profilée motorisées par un bicylindre à surpresseur mais malheureusement les deux voitures sont contraints d’abandonner et cette participation sera la dernière pour une mécanique Panhard sur le circuit de la Sarthe.

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La 24 CT effectue des débuts modestes en compétition aux mains de pilotes privés .
Au Mobil Economy Run, la 24 C de Parayre et Pineau renoue avec la tradition en remportant le titre avec une consommation moyenne de 5,02 litres devant une Renault Dauphine et la 24 C de Courbe- Molina.

1965, l’année de la fusion avec Citroën

L’année 1965 est marquée par le rachat officiel de Panhard par la marque aux chevrons.
Et c’est la 24 B qui prend le relais des 24 C et PL17 au Mobil Economy Run en se plaçant aux 1
et 4ème places de la catégorie. La 24 de la première place, celle de Lelong-Robic, affiche également le meilleur résultat au concours d’efficacité.
Cette année est marquée par la décision de René Cotton, patron du service compétition de Citroën, d’un retour aux voitures d’usine en rallye pour la saison 1965-1966. Ainsi les 24 s’aligneront en complément des DS21. La fin d’année est l’occasion de tester cette nouvelle coopération.
La 24CT du duo Ogier-Pointet emporte brillamment sa catégorie au Tour De Corse et au Critérium de Cévennes.

1966, l’année de toutes les victoires

Trois 24 CT étaient engagées au IXème Critérium des Cévènnes, dont une d’usine bien entendu pilotée par le duo Ogier-Pointet, avec la neige au rendez-vous. Le duo remporte leur classe dominant de bout en bout les Saab et autres 1093. Suivront la 24 CT de Massoulier-Perekof et celle de Ribard-Vason, 5ème de sa catégorie.
Puis suit le rallye des Routes du Nord avec en décor pluie et brouillard. Malgré la présence attendue des DS21 officielle, la 24 CT des frères Ogier remporte une nouvelle victoire de classe suivi de peu par l’autre 24 CT engagée et pilotée par le tandem Lelong-Bagrit. Elle terminera 5ème du Général voitures de série et 10ème du scratch tous groupes confondus.
Ce sera ensuite au tour du rallye de l’Ouest de reconnaître les qualités de la petite 24 CT d’usine : victoire en classe 850 cm3 après 864 km et victoire au général à l’indice en Tourisme de série.
Au mois de mai, la 24 CT de Ogier-Pointet est au départ du rallye de Lorraine : 776 km de routes sinueuses à travers les Vosges brumeuses et pluvieuses. A la clef le duo termine en tête de sa catégorie en remportant non seulement l’indice en Tourisme de série, mais aussi le classement général des voitures de Tourisme de série devant des voitures prestigieuses et bien plus puissantes comme les Ford Mustang, Cortina-Lotus, Alfa GTA, R8 Gordini, BMW 1800 Ti. Au Général scratch, il est 7ème.
Citroën n’en démord pas du bienfait des 24 T et engage 4 voitures au rallye de Genève le 9 juin : deux DS 21 et deux 24 CT. Le rallye de Genève propose un circuit de 1.850 km à travers les Alpes.
La 24 CT des frères Ogier remporte la classe des voitures jusqu’à 1000 cm3, mais surtout une troisième place au Général. Lucette Pointet a pris, quant à elle, le volant d’une autre 24 CT assistée par Jacqueline Fougeray : elles remporteront la coupe des Dames et se classeront 11ème au Général.
La saison sportive de la 24 CT usine se terminera les 9 et 10 juillet avec le rallye du Mont Blanc avec à son bord le tandem Verrier-Syda, Jean-Clause Ogier s’étant blessé aux 24h du Mans, et une ultime victoire de classe en 850 cm3, mais finira 6ème au Général, malgré un choc avec un rocher pendant la course de côté de St Félix.
Le bilan de la 24 CT officielle est sans faille : 9 participations et 9 victoires, notamment avec Jean- Claude Ogier. Dépassant toutes les prévisions les plus optimistes, la 24 a démontré au cours de ces épreuves très difficiles, toutes ses qualités routières.
Côté épreuves de consommation, la 24B reste fidèle au Mobil Economy Run et Pierre Lelong associé à Guy Jouanneaux conduit une nouvelle fois sa voiture à la victoire.
Hélas l’expérience ne sera pas reconduite pour la saison 1966-1697 et cette victoire est donc la dernière d’une voiture d’usine en rallye. La carrière officielle de Panhard en rallyes s’achève donc cette année en apothéose.

Article écrit par Alexandre Degrandcourt

Crédits photos : Etienne de Valance (Mes années Panhard), Dominique Pascal (Archives et Collections)

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