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Peugeot Talbot Sport, des succès partout et Jean Todt en filigrane

Peugeot Talbot Sport, des succès partout et Jean Todt en filigrane

Rouge, Bleu Foncé, Jaune et Bleu Roi. Les quatre couleurs dites comme ça, sont moins parlantes que si on évoques les bandes PTS. Trois lettres pour Peugeot Talbot Sport. Un nom qui fleure bon les années 80 et 90, les rallyes, le sable chaud et un peu les hunaudières aussi. Pourquoi on vous en parle ? D'abord parce que Peugeot est sur le point de faire son entrée sur Autopédia. Et puis parce que vous pouvez sortir vos agendas : le 20 Janvier Une Nuit Au Musée revient (à suivre en direct à 21h sur notre page Facebook) et on sera... chez Peugeot. Donc vous verrez les couleurs PTS sur plein de belles autos. On a choisi de revenir sur ces quelques années de sport automobile, quelques années de succès obtenus par une belle équipe d'hommes et à leur tête, l'emblématique Jean Todt.

Jean Todt avant Peugeot

Cela fait maintenant plus de 10 ans que Jean Todt est président de la FIA. Une fonction qui colle parfaitement avec les études qu'il a suivies dans les années 60 à l'Ecole des Cadres. Sa passion pour l'automobile est encore plus ancienne et après avoir bricolé des autos, il passe au pilotage, en rallyes, sur une Mini. Mais finalement c'est en tant que copilote qu'il va se faire un nom. Et attention, quand on regarde les noms qui ont écouté ses notes, il y a du lourd : Jean-Pierre Nicolas, Jean-Pierre Beltoise, Bernard Consten, Jean Guichet et Guy Fréquelin pour les français, Auno Aaltonen, David Richards, Hanu Mikkola ou Timo Mäkinen pour les étrangers. À son palmarès, en championnat du monde, on retrouve 54 départs et 4 victoires (Pologne et Autriche en 73 avec Achim Warmbold, Maroc en 75 avec Mikkola et Argentine en 81 avec Fréquelin) et 10 podiums. Joli. Jean Todt était un copilote recherché. Par la qualité de ses notes, évidemment, mais aussi parce que l'homme était un stratège et avait un vrai talent pour organiser tout ce qui était autour de la course. En 1981 Guy Fréquelin et lui terminent second du Championnat du Mondes des Rallyes et Talbot Lotus est champion constructeur. C'est sa dernière saison, la suite va s'écrire en tant que directeur de l'équipe.

Peugeot Talbot Sport, les débuts

Rome ne s'est pas faite en un jour. Les succès de PTS non plus. D'ailleurs les premières années vont servir à structurer l'équipe. PSA n'est pas en grande forme, financièrement la reprise de Chrysler Europe (avec Simca devenue Talbot) a fait mal et l'image du groupe n'est pas au mieux. Il va falloir redorer le blason. Heureusement arrive la 205 en 1982 et elle va faire un grand bien à Peugeot. C'est cette auto qui va être mise en avant par Peugeot Talbot Sport. Le meilleur moyen de la faire briller, c'est le nouveau Groupe B en Championnat du Monde des Rallyes qui attire déjà d'autres constructeurs. On développe alors la 205 Turbo 16... qui n'a plus grand chose à voir avec l'auto de série. Certes cette dernière lui prête ses formes. Mais châssis tubulaire, moteur central Turbo de 1775 cm³ qui atteint 340 ch (de base) et quatre roues motrices, on est loin de la GR du commun des français. 200 exemplaires doivent être construits pour l'homologation, c'est fait en 1984 et du coup l'auto est homologuée et peut se diriger vers les spéciales. L'équipe de Jean Todt est prête.

205 T16 acte 1 : les rallyes

La saison 1984 est déjà bien entamée quand Jean-Pierre Nicolas et Ari Vatanen commencent leur campagne. Sauf que l'auto est bien née et Vatanen impose l'auto aux 1000 Lacs pour la troisième sortie de la lionne. Deux autres victoires au San Remo et au RAC, et voilà Peugeot troisième du championnat en une demi-saison.

Vatanen aux 1000 Lacs 1984
Vatanen au RAC 1984

L'année 1985 débute bien, Vatanen gagne le Monte Carlo et la Suéde, Salonen est troisième à chaque fois. Ce dernier l'emporte ensuite au Portugal. La Peugeot 205 T16 survole les débats. Les pistes cassantes du Kenya lui réussissent moins. Au Tour de Corse, Bruno Saby reçoit l'EVO 2 qui a troqué son KKK pour un Garett et dont la puissance frôle les 500ch. Résultat : il termine deuxième. Salonen gagne en Grèce puis en Nouvelle-Zélande où Vatanen assure le doublé. Nouvelle victoire en Argentine, où le local Carlos Reutemann prend la 3e place. Par contre Vatanen est sorti et s'est blessé. Il va rater la fin de la saison. Salonen reçoit l'EVO 2 pour les 1000 Lacs et l'emporte avant de terminer deuxième du San Remo. Sans marquer de points sur les deux derniers rallyes de la saison, Peugeot Talbot Sport remporte malgré tout le titre de champion du monde des constructeurs et Salonen celui des pilotes !

Salonen au RAC
Saby et son Evo 2 au Tour de Corse

En 1986 le trio de pilotes sera Salonen, Saby et Kankkunen qui remplace Vatanen. Salonen commence l'année par une deuxième place au Monte Carlo et Kankkunen l'emporte en Suède. Saby l'emporte au Tour de Corse, Kakkunen en Grèce quand le français fait troisième. Le finlandais l'emporte de nouveau en Nouvelle-Zélande et en Argentine, c'est Blomqvist qui signe la troisième place. En Finlande, Salonen gagne enfin, devant Kankkunen quand Blomqvist est 4e. Salonen s'adjuge ensuite le RAC et la saison devait se terminer là puisqu'aucune auto ne devait initialement se rendre aux USA. Mais Alén peut coiffer Kankkunen pour le titre. Il va l'emporter, mais Kankkunen est finalement au départ et fait second. Peugeot et Kankkunen sont titrés. Les derniers titres du Groupe B. L'accident de Toivonen a signé la fin du Groupe B, et celle du Groupe S qui devait lui succéder. Mais ce n'est pas pour autant la fin de la 205 T16.

Kankkunen au Monte Carlo
Blomqvist en Finlande

Acte 2, la 205 T16 reine du Dakar

Dès que la fin du Groupe B est annoncée, Peugeot se retrouve face à un choix difficile : développer une nouvelle auto pour le rallye, mettre la 205 T16 au placard ou lui trouver un autre terrain de jeu. C'est cette dernière option qui est choisie, avec les Rallyes-Raids. Leur règlement est plus permissif et on va modifier la 205 T16 en 1986 pour qu'elle devienne "Grand Raid" tandis qu'Ari Vatanen va être chargé de son développement. Pour être plus à son avantage sur les dunes, l'auto est rallongée de 31 cm. Cela permet également de loger un réservoir de 400 litres et deux roues de secours. Le moteur est dégonflé à 360 ch et les essais se passent bien. En 1987 la 205 Grand Raid est au départ du Paris-Dakar... qui part de Versailles. Vatanen, Mehta et Zanussi sont les pilotes. Vatanen et Giroux vont arracher une roue dès la première étape. Cravachant comme des fous, ils l'emportent quand même, Mehta et Doughty prennent la 6e place. La reconversion gagnante est complétée par une victoire de Vatanen sur le rallye des pharaons.

Vatanen - Giroux au Dakar 1987
Zanussi - Arena au Dakar 1987

La 405 comme fer de Lance

Pour 1988 la 405 Grand Raid arrive. Sensée mettre en avant la nouvelle auto de la gamme Peugeot, c'est surtout une 205 Grand Raid revue et recarossée. Elle est confiée aux deux pilotes stars, Vatanen et Pescarolo mais Kankkunen et Ambrosino seront engagés sur 205. La voiture de Vatanen va connaître un rallye rocambolesque puisqu'elle est "volée", Pescarolo gagne trois spéciales mais connaît des soucis. Finalement c'est Kankkunen qui gagne sur sa 205 et Ambrosino fait 6e. En 1989 on reconduit une équipe mixte par Jean Todt et PTS. Le Dakar passe par la Tunisie, la Libye, le Niger puis il met cap à l’ouest à travers le Mali, la Guinée et le Sénégal. Vatanen-Berglund et Ickx-Tarin sont engagés sur des 405 et Fréquelin-Fenouil et Wambergue-Guéhennec sur des 205. Au final, les 405 font le doublé, Vatanen devant Ickx, Fréquelin se classe 4e et Wambergue 8e. Encore un beau succès. Pour le Dakar 1990, on reprend un parcours similaire avec un passage au Tchad. Wambergue-Da Silva et Ambrosino-Baumgartner courent toujours sur les 205 T16 Grand Raid, Vatanen-Berglund et Waldegard-Fenouil sont sur les 405. Ces 405 vont faire le doublé et Ambrosino-Baumgartner vont même assurer le triplé de la marque sochalienne sur son dernier Dakar. En effet les autos vont de nouveau évoluer pour devenir des Citroën ZX. PTS n'a plus rien à prouver en rallyes et en rallye-raid, une nouvelle ère commence, sur les circuits.

L'endurance et la 905

En 1988 Peugeot Talbot Sport a annoncé son futur programme. Si le Dakar reste d'actualité, on l'a vu, les efforts de développements sont mis sur la Peugeot 905 (dont on parlait par ici). Une coque carbone, une aéro travaillée, un V10 de 3.5 litres, la nouvelle auto, une Groupe C, est bien différente des autos engagées auparavant par PTS. Pourtant les résultats seront là. Les débuts en course se font à la fin de l'année 1990. Les deux courses sont des séances d'essai grandeur nature et la voiture est déjà revue pour 1991. L'Evo 1 et l'Evo 1 Bis qui lui succède en cours de saison permettent de remporter 3 victoires en 1991 et la deuxième place au championnat.

La 905 de 1990
Le V10 de la bête

Pour 1992 la Peugeot 905 est prête à tout rafler. 4 Victoires en championnat et les 24h du Mans sont à inscrire à son palmarès ! C'est logiquement un nouveau titre de champion de monde que récolte l'équipe de Jean Todt. En 1993 les Peugeot 905 vont même faire le triplé sur la piste mancelle ! Pourtant ça sent déjà la fin.

L'Evo 1 Bis
L'Evo 2 qui ne courra jamais

PTS devient Peugeot Sport et tout change

Auréolé de tous ces succès, l'étape suivante est la F1. Un programme châssis + moteur est monté. Mais il coûte cher et il est refusé. Peugeot ne sera que simple motoriste et ce moteur si performant se révélera une déception année après année. Jean Todt a quitté l'équipe. Le 1er Juillet il prend ses fonctions de président de la Scuderia Ferrari et permettra à l'écurie de remonter la pente pour les succès que l'on connaît. Si vous avez aimé toutes ces belles autos, rendez-vous donc sur la page Facebook de Mecanicus le 20 Janvier à 21h pour la deuxième de Une Nuit au Musée et les autos de PTS devraient être nombreuses devant vous. Photos : News d'Anciennes et Peugeot Sport